Fig. Festival Indexé de Graphisme de Liège

Sarah Boris

interview

Sarah Boris

Fig. 2021 Fig. 2021
EN LIGNE EN LIGNE

Quelle formation as-tu suivi ? Comment es-tu arrivée au design et art graphiques ?

Au lycée j’ai suivi une formation littéraire, puis passé un Baccalauréat L avec options arts appliqués et anglais. Après le bac, j’ai intégré une Mise à Niveau en Arts Appliqués (MANAA) à Oliver de Serres à Paris. L’entrée se fait sur concours et je me souviens qu’à ce moment les textes de Georges Perec ont joué un grand rôle dans ma création. C’est un extrait d’Espèce d’espace qui a nourri ma réponse pour l’entrée du concours à Olivier de Serres. Je garde un souvenir formidable de cette année de mise à niveau et un grand sentiment de liberté où l’on pouvait tout essayer et expérimenter. C’était joyeux, artistique et créatif, un peu comme un éveil. Après cette MANAA, j’ai poursuivi mes études à Estienne en DMA Typographie (DMA : Diplôme des Métiers d’Art). On était seulement 12 dans la classe à Estienne, c’était donc un immense privilège d’être dans un si petit groupe avec un suivi aussi attentif et rigoureux des professeurs. Estienne m’a paru beaucoup plus académique et scolaire, et peut-être un peu différent de ce qu’on pourrait imaginer. Mon lieu préféré était le LEG (laboratoire d'expérimentation graphique) où on pouvait essayer toutes les techniques d’impressions traditionnelles (typographie, lithographie, sérigraphie etc.), un vrai terrain de jeu. Après Estienne (en 2003), je suis partie à Londres où j’ai étudié au London College of Communication. En décembre 2004, j’ai obtenu mon Master Typo/Graphic Studies. J’avais un grand désir d’allier mes deux passions : l’art et le graphisme et c’est pourquoi je me suis intéressée tout particulièrement aux postes de graphiste au sein de structures artistiques et muséales (Centres d’Art, Institutions Culturelles et Musées londoniens). J’ai décroché mon premier poste au Barbican où je suis restée plus de deux ans, un espace grandiose, à l’architecture brutaliste et où la programmation présente art visuels (expositions), danse, théâtre, concerts, cinéma. Ce premier travail de graphiste au sein d’une institution culturelle renommée a été un moment déterminant et fondateur pour la suite.

Dans quel domaine es-tu plus à l’aise et pourquoi ?

Aujourd’hui mon travail se situe dans le domaine du design graphique mais également des arts graphiques, je suis à la fois designer et artiste. Fonder mon studio d’art et graphisme en 2015 m’a permis de trouver un équilibre entre mes deux pratiques et de présenter plus ouvertement mes créations diverses. Pour ce qui est de me sentir à l’aise, je dirais plus que c’est souvent le commanditaire ou le sujet qui me fait me sentir à l’aise plus que le domaine. Quand il s’agit du commanditaire, s’il y a une symbiose et confiance entre toutes les parties, alors je pense que nos spécificités sont tellement transférables que l’on peut se sentir bien dans chaque type de projet. On peut se sentir aussi bien à l’aise dans la création d’identités visuelles que dans le design éditorial, la signalétique, le packaging ou encore le web design ainsi que dans la création artistique. Je pense que notre profession nous donne énormément d’outils et nous sommes dans un apprentissage perpétuel. Ces outils et cette ‘formation continue’ permettent de naviguer entre différents domaines avec aisance. J’ai bien sûr des domaines de prédilection tels que la sérigraphie, l’identité visuelle ou l'édition / l’objet imprimé mais ce qui m’intéresse tout particulièrement c’est de m’exprimer dans de nouveaux domaines et ne pas m’enfermer dans un seul.

Pour quel secteur préfères-tu travailler ?

J’aime travailler avec des artistes, musiciens, écrivains, commissaires d’exposition, galeries, musées, centre d’art et les maisons d’édition. Travailler avec des artistes me plaît particulièrement. Quand un commanditaire fait confiance, cela change tout et le travail qui en découle est souvent moins contraint et, de ce fait, plus fort. C’est souvent avec les artistes que je retrouve cela. Ils sont prêts à prendre les risques qu’une équipe de marketing ou d’éditeurs ne prendrait pas : le résultat visuel s’en ressent.

Depuis six ans, je travaille aussi avec une galerie de photographies. Le fait de travailler ensemble sur une base annuelle nous a permis d’apprendre à nous connaître et de vraiment bien collaborer. J’aime particulièrement travailler avec cette galerie qui est un lieu public et expose chaque année des photographes du monde entier.

Bien que je ne sois pas fermée pour travailler avec d’autres secteurs, le secteur des arts contemporains et photographiques me nourrit et m’enrichit intellectuellement. Chaque nouveau projet me permet d’apprendre énormément.

J’aimerais travailler et collaborer avec d’autres secteurs tels que le culinaire, celui du design produit, de l’architecture et de l’artisanat. J’ai eu l’occasion de me pencher sur ces secteurs lorsque je travaillais chez l’éditeur Phaidon où je faisais à la fois du design de livre et de la direction artistique. J’y ai notamment dessiné des livres sur des sujets variés : la cuisine, le product design, et même des livres d’enfants.

Ta première expérience au Barbican semble être une étape très formatrice. En tant que designer graphique intégrée à une structure culturelle, quelles étaient tes missions ? Comment cela se passait au niveau de ta liberté graphique ? Comment jonglais-tu entre la création et la charte établie ?

J’ai choisi une voie assez différente - plutôt que de commencer à travailler dans un studio de graphisme, j’avais le désir de travailler en tant que graphiste au sein d’un musée d’art contemporain ou d'une institution culturelle. Ce rêve a dessiné les dix premières années de mon parcours. Après mon Master en Design à London College of Communication j’épluchais les annonces pour des postes à Londres et Paris mais plus particulièrement j’avais jeté mon dévolu sur le Barbican et je regardais régulièrement les annonces de carrière sur leur site internet. Je savais qu’ils avaient un petit atelier graphique interne qui répondait à la plupart des commandes graphiques de chaque département.

J'ai travaillé au Barbican de 2005 à 2007. Le Barbican est un lieu unique : il y a une grande serre avec une multitude de plantes magnifiques, des salles de spectacle et d'expositions temporaires avec une programmation de théâtre, danse, musique et film. La particularité du lieu est autant définie par son architecture au style brutaliste, ses trottoirs aériens, son envergure que par sa programmation diverse.

J’y faisais la création et conception graphique de tous les éléments de communication liés au programme artistique : affiches, flyers, brochures, développement d'identité visuelle pour des festivals tel que le festival de films pour enfants. J'ai même eu l'occasion de faire de la photographie pour certaines réalisations. Un des attraits de ce poste, c’est que les employés peuvent, après le travail, se rendre aux concerts ou voir un film gratuitement. On est au première loge et l’accès sans limites aux spectacles et expositions est très enrichissant. Cela permet de découvrir des artistes du monde entier qu’on n’aurait pas forcément connus autrement. J’ai notamment pu assister à un concert qui m’a énormément marqué, celui de la pianiste Mitsuko Uchida. Impossible de ne pas être inspiré dans un tel lieu.

On était une petite équipe de seulement deux graphistes, de ce fait on ne pouvait pas tout faire, certains des projets étaient attribués à des studios de graphisme (externes). J’ai eu la grande chance qu’une des agences mandatées pour refaire l’identité visuelle du Barbican m’invite à travailler dans leur studio à temps partiel afin d’assimiler la nouvelle identité et appliquer la charte graphique de retour au Barbican. Mes responsables au Barbican ont accepté et pendant trois mois j’ai pu partager mon temps entre l’atelier du Barbican et le studio de graphisme. C’était une expérience très formatrice, pouvoir observer les méthodes de travail de ce studio m’a énormément appris.  

Un des aspects les plus formateurs pour un graphiste ayant travaillé ‘in house’ c’est d’être au quotidien au côté de son commanditaire. Être témoin des besoins, contraintes, pressions et diverses dynamiques que notre client peut rencontrer, permet d’y répondre au mieux. Être intégrée m’a permis également de découvrir les corps de métier de mes collègues et d’apprendre beaucoup d’eux dans les domaines tels que ceux de la presse, du marketing, du commissariat d’exposition et de l’édition. Tous ces acquis m’ont beaucoup inspiré et nourrissent grandement ma pratique d’aujourd’hui.

Je me suis rendu compte que souvent le graphiste interne était mal considéré par les graphistes en agence. Ce constat est devenu un leitmotiv et a posé les objectifs pour la suite de ma carrière : démontrer le contraire et faire valoriser le statut et les créations du graphiste dit ‘interne’ ou ‘in house designer’. Je me suis aussi intéressée aux parcours de Richard Hollis, graphiste pour la Whitechapel Gallery à Londres ou bien celui de Willem Sandberg qui lui était graphiste puis directeur du Stedelijk Museum à Amsterdam. J’aime beaucoup l’exemple de Sandberg qui était commissaire d’exposition, graphiste, directeur. Ça m’inspire énormément, je pense qu’on met trop les gens dans des cases de manière générale au travail et qu’en fait nos acquis peuvent s’appliquer dans énormément de domaines. De ce fait, le modèle de Sandberg est un exemple qui peut valoriser le statut et la portée d’un graphiste dit interne.

Après quasiment trois ans au Barbican, j’ai eu envie de changements et de nouveaux défis, j’ai donc commencé à chercher un nouveau poste où je pourrais m’essayer à de nouveaux types de projets. J’ai ensuite travaillé pendant 5 ans au sein de l’Institut d’Art Contemporain de Londres où je me suis vu confier la refonte de l’identité visuelle, un projet qui a marqué un tournant dans mon parcours.

Tu fais la distinction dans ta pratique entre design graphique et arts. Est ce que tu pourrais un peu nous expliquer quelles différences tu entends entre ces deux aspects de ton travail ?

Je distingue les deux car les créations qui en découlent sont très différentes la plupart du temps. Leur contexte et genèse le sont également. L’art a toujours eu une place dans ma pratique, je peignais beaucoup avant de faire du graphisme et après quelques années devant un ordinateur mon désir de me remettre à la peinture, au collage, à la sérigraphie n’a fait que s’amplifier. En 2012 j’ai fait mes premières résidences artistiques au sein d’atelier de sérigraphie et gravure à Londres, suivi d’une résidence en Écosse. Aujourd’hui je partage plus mon temps entre des commandes de graphisme et ma pratique artistique.

Je vends certaines de mes œuvres sérigraphiées dans plusieurs galeries en Angleterre et une galerie anglaise m’a contactée pendant le confinement en 2020 pour me représenter. Je n’ai pas encore accepté car je pense qu’il faut que je prenne mon temps avec chacune de ces décisions. Je ressens le besoin de conseils pour m’orienter dans ma pratique artistique et les prochaines étapes de son développement. J’ai aussi publié sous forme de microédition des livres comme ‘Le Théâtre Graphique’ ou bien ‘Global Warming Anyone?’ et ils s'inscrivent purement dans ma pratique artistique. Chacun de ces livres font désormais parti de collections, le premier a été acquis par le Stedelijk Museum et le deuxième fait partie de la Fine art collection du New York Center of Book Arts.

Mon travail artistique oscille entre pop art, poésie concrète, op art et art graphique. Je ressens une grande liberté avec ma pratique artistique aussi bien au niveau des sujets que j’explore que des formes que je donne à une œuvre. Bien que je fasse une distinction entre les deux, ma pratique graphique est devenue une véritable passerelle vers ma pratique artistique. De plus, je me rends compte que je me suis énormément imprégnée des expositions des lieux où j’étais graphiste / DA. L’exposition ‘Poor Old Tired House’ en 2009, commissariat par Mark Sladen (directeur des expositions à l’Institut d’Art Contemporain de Londres à ce moment-là) m’a beaucoup marquée et inspirée sans que je le sache à l’époque. L’exposition était principalement axée sur la poésie concrète et les œuvres d’art de Liliane Lijn, Ferdinand Kriwet, Dom Sylvester Houédard ayant toutes en point commun le texte comme élément central. C’est aussi à cette époque (au ICA) que j’ai découvert les travaux de l’artiste Tauba Auerbach dont les œuvres incluent des caractères typographiques, des livres et des sculptures entre autres.

Une de mes dernières œuvres est uniquement composée de texte et l’un de mes nouveaux projets de livre d’artiste auto-édité a pour sujet le langage et se tourne vers un ping pong de mots. Ce livre s’inscrit dans la poésie concrète mais aussi dans l’idée et la possibilité de formuler de nouvelles méthodes d’apprentissage des langues. Bien que ce projet en cours soit un projet artistique, je puise également dans mes connaissances de typographie et de graphisme éditorial pour le mettre en forme. Un autre de mes projets artistiques en cours est également un livre mais cette fois-ci sans mot. C’est un livre que j’envisage sous forme de sculpture, que j’aimerai énormément réaliser pour un espace public. Je l’envisage en acier peint. Pour réaliser ce projet je pense qu’il faut que je m’associe à une institution, un commissaire ou une organisation publique qui serait intéressée de le développer avec moi. Pour les livres, je continue d’en auto-éditer mais sur le long terme j’aimerais développer des partenariats avec des maisons d’édition afin de me concentrer sur la création.

Pour s’être croisés de temps en temps dans divers festivals ou rencontres liés au graphisme. Quel est l’apport de ces événements dans ton activité ?

Ces activités sont essentielles dans le cadre de ma pratique. Je travaille souvent seule et même quand il y a une étroite collaboration avec des commanditaires on peut se retrouver un peu isolé. Dans l’absolu, ça ne me gêne pas mais j’aime sociabiliser donc les festivals, conférences et expositions sont un moment clé pour rencontrer d’autres acteurs du monde de l’art et du graphisme. J’aime découvrir les pratiques de chacun et j’aime aussi bien parler lors d’un festival que d’écouter les conférences des autres. C’est important pour moi d’avoir une présence dans ces événements pour apprendre et découvrir la multiplicité des pratiques liées à notre domaine. Au-delà de cet aspect, j’ai rencontré au fil des années des gens qui sont devenus des amis, il y a une certaine solidarité et un soutien qui naît aussi de ces rencontres. Je me suis rendue en 2018 à un événement intitulé ‘Magical Riso’. Pendant trois jours à la Jan Van Eyck Academie organisé par Jo Frenken, qui dirige le Charles Nypels Lab, des artistes, graphistes et imprimeurs artisans se sont rencontrés et ont échangé autour de conférences, expositions et repas. C’était une vraie magie et un bonheur véritable. J’ai rencontré des gens du monde entier et depuis j'ai créé des liens avec des artistes en Corée, aux États Unis, en Écosse. Je pense que ce qui a particulièrement permis de nouer des liens au-delà de nos passions communes, c’était le fait de prendre tous les repas ensemble pendant ces trois jours, une excellente idée de la part des organisateurs. C’est toujours un investissement de se rendre à un festival surtout quand c’est à l’étranger, aussi bien en temps que financièrement, mais trois ans plus tard les rencontres de ‘Magical Riso’ m’inspirent et me nourrissent spirituellement au quotidien.

Enfin, tu animes régulièrement des workshops ou que tu donnes des conférences. Est-ce que tu apprécies ces moments de partages ? Qu’est-ce que cela t’apporte également ?

Donner des conférences est une expérience très particulière et génère un mélange particulier d'émotions chez moi. Il y a notamment de la timidité, de l'anxiété et la peur d’être jugée lorsqu’on est exposé à un public et qu’on se dévoile et qu’on y montre son travail. Par contre, je m’engage (presque) toujours à le faire. En 2019 j’ai parlé lors d’une conférence à Copenhague (Multiplicity organisé par Foilco). J’ai eu beaucoup de retour direct de créatifs dans le public qui pour certains m’ont dit être inspirés à poursuivre de nouvelles directions voir de réaliser leurs rêves. Je me dis que si je peux inspirer une seule personne dans une salle et leur apporter quelque chose de bon, il faut continuer à partager. J’assume beaucoup plus mon parcours et mes créations aujourd’hui et j’ai un peu moins d’appréhension de parler en public. Comme je le disais précédemment, donner des conférences ou mener des ateliers m’a aussi permis de nouer des liens avec d’autres personnes que je n’aurais pu rencontrer autrement. Les autres conférenciers sont souvent très solidaires et beaucoup m’ont encouragé avant de monter sur scène pour parler. On reste souvent en contact et avec certains, on collabore, on parle de temps en temps, on va boire un verre. C’est vraiment très enrichissant et à chaque fois je m’émerveille de la magie de ces rencontres, des rapports humains et leurs portées dans le temps.

L’autre aspect bénéfique est de prendre du recul sur sa pratique, en parler est un très bon exercice pour avancer, évoluer, se positionner et se situer. Ça me permet de faire comme un état des lieux, c’est une réflexion publique, un partage, une forme d’échange. J’aime beaucoup donner des conférences en université ou aux écoles. L’année dernière lors du confinement j’ai donné plus de dix conférences en ligne. La connexion physique d’être tous réunis dans une salle ensemble m’a manquée mais, pourtant, j’ai ressenti une grande transmission d’énergie après chaque conférence et certaines ont donné lieu à des échanges fréquents avec de nouveaux artistes et graphistes que je ne connaissais pas auparavant. J’ai hâte qu’on puisse se réunir et tous se rencontrer à nouveau.

Je pense que c’est important d’être confronté à un public varié et de différents milieux, apprendre à parler de nos métiers et transmettre nos savoir-faire dans des cadres multiples. Récemment, ma sœur m’a demandé de créer un document de 4 pages afin de partager mon métier avec la classe de mon neveu de 6 ans. S'adresser à un public de cet âge m’a confronté de manière critique et essentielle sur des questions telles que ‘Comment raconter mon métier’, ‘Comment valoriser la profession de graphiste et d’artiste’ à de jeunes enfants. J’ai adoré cet exercice. De temps en temps je me réfère à ce document qui m’aide à me recentrer et à me souvenir dans les moments de difficultés pourquoi j'aime mon métier. Apprendre à parler à tout un chacun de ce que l’ont fait peut fondamentalement améliorer nos échanges avec des commanditaires, collègues et collaborateurs sur le long terme. Il y a beaucoup à faire dans notre industrie pour créer des plateformes plus ouvertes et accueillantes pour tous et cela passe beaucoup par les workshops et les conférences.

Sarah Boris

Sarah Boris is a creative director, graphic designer and artist. She worked for over ten years for organisations such as Phaidon, The Institute of Contemporary Arts (ICA) and the Barbican. Notable projects during that time include the redesign of the ICA's visual identity and the design of one of Phaidon's best selling monograph 'JR: Can Art Change The World'. In 2015 she set up 'Sarah Boris Studio', splitting time between design commissions (mainly visual identities and editorial design) and her artist practice which revolves around screen printing and books. She has self-published her own limited artists books such as 'Global Warming Anyone?' and 'Le Théâtre Graphique'. Her work was acquired by the Stedelijk Museum, Amsterdam and her artwork 'Fragile UK' was exhibited at the Design Museum, London. In 2019 she was an artist in residence at 'Le Bel Ordinaire' in France and in London's 'Analog' Laboratory.

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